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Marie Claire Dumont

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Marie-Claire Dumont offre un accompagnement spécifique pour les enfants à demandes particulières, que ce soit au niveau du langage, du comportement ou de l'attention.

Thérapeute en langage depuis 1987, diplômée de l'Université de Médecine de Tours en France, elle a développé une expertise personnelle. Il s'agit de soutenir la dynamique d'évolution, en lien avec le milieu de vie. L'alliance du corps physique, du mental et de l'émotionnel ouvre de nombreuses portes. Jeux, stimulations, mouvements centration, exploration des sens...guident nos rencontres.

Le plaisir et la confiance favorisent la croissance.

 

Marie-Claire Dumont vous propose un espace de rencontre où délier le corps et poser l'esprit.

Nous évoluons au rythme de chacun dans le respect de l'âge et des forces d'équilibre. L'attention est conduite au présent. Cette présence donne accès à une conscience élargie: active et détendue.

Le plaisir et la confiance favorisent la croissance.Marie-Claire Dumont travaille auprès des personnes à demandes particulières depuis plus de vingt ans. Orthophoniste de France, elle s’intéresse très tôt à l’approche psycho corporelle. Son expérience comprend dix ans en pédopsychiatrie, intervention auprès de jeunes multi handicapés du Foyer St-Lin, animation avec Les Filandières à Mascouche et Ste-Julienne avec La Myriade à Joliette, avec La Maison Cible Famille Brandon, et aussi avec la Commission Scolaire des Samares. Elle est au service du mieux être!

RENCONTRE INDIVIDUELLE
Durée : 1h15 - 50$
Un contenu ajusté sur mesure, comprend des exercices à reproduire, un support adapté au quotidien.

ATELIER DE GROUPE
Durée : 1h30 - 12$
Le jeudi de 9h30 à 11h et de 13h à 14h30
Minimum 6 participants.
Activités physiques, cognitives et d'expression.

CHAQUE PARTICIPANT EST UNIQUE, CHAQUE RENCONTRE DIFFÉRENTE. LE BUT DEMEURE L'ÉPANOUISSEMENT DES FORCES DE VIE!

YOGA ET AUTISME

Le monde de l'autisme ressemble à un monde parallèle d’où émane une perception hors de l'ordinaire. Mon expérience auprès des enfants prend racine dans le yoga. J'explore comment la présence au coeur de soi résonne avec des enfants différents.
L'image d'un vase fêlé empli d’un liquide en fusion illustre bien la fragilité de ces jeunes. Ils sont sans cesse menacés. L’extérieur risque de briser le vase, l’intérieur peut exploser à tout instant.
Le défi est total.


L'ESPACE RELATIONNEL
Prenant appui au centre de moi-même, j’ai appris à toucher une qualité d’être. L’enseignement du yoga intégrant chacun des huit membres a été l’essence de ma recherche.
Le défi consiste donc à être partenaire de l’enfant, un partenaire de l’instant présent. La création d’un espace de relation intègre la reconnaissance des deux espaces individuels (toi et moi) et d’un espace de vide entre eux. Le troisième espace assure la sécurité des deux autres. Le respect de ces trois espaces est fondamental. Le lien qui les unit prend racine dans ahimsa, l’inconditionnel respect.
La relation humaine intervient comme un facteur de transformation. L’outil, c’est moi. Dès lors, les attitudes, signaux, fréquences, bref tous les indices relationnels tracent un pont vers l’autre. Un pont capable de traverser le vide pour toucher le plein. Cet accès à l’autre est un véritable mystère avec ces enfants dont les perceptions sont différentes.


LES SENS
Les sens sont un point d’ancrage très ajusté. Portes d’entrée et de sortie en relation avec le monde, elles s’ouvrent et se ferment. À nous de les découvrir… L’activité sensorielle est en résonnance avec la sensibilité, carte d’accès au centre des émotions, passage obligé à l’éveil des fonctions dites supérieures, comme le langage, l’intelligence créative.
Luc, 8 ans, joue longtemps avec son camion, le fait rouler de sa main gauche à côté de lui, puis le lève à bout de bras pour s’absorber dans le miracle de la rotation des roues. Sa main droite trace des spirales dans les airs, son sourire s’étire d’une oreille à l’autre! Il se balance d’avant en arrière, au rythme du camion. Son absorption est sans faille, il semble fondu au mouvement des roues, qu’il fait varier imperceptiblement, comme ravi à chaque envol du camion, tel un spectacle unique et inimitable. Au paroxysme du plaisir, il hurle de satisfaction et semble loin, fixé sur cette seule expérience intense. Comment toucher Luc pour sortir de cette répétition qui limite son champ d’expérience ou comment entrer à coté de lui et glisser vers d’autres sensations?
Les pistes de recherche sont variées, elles dépendent du contexte et de la force du lien construit avec l’enfant. Il n’existe donc pas d’autres guides que l’écoute active: une dynamique d’ouverture à l’autre. Aucune solution déterminée ne pourra traverser victorieusement le pont. Tout au contraire, c’est dans le respect des polarités action-inaction, effort-lâcher prise, que le chemin se trace et que le pont se solidifie.
L’approche sensorielle possède le privilège d’être simple et redonne sens au corps. Le jeu des sens ressemble à une palette, avec de nombreuses possibilités et variations. Ce jeu intègre les situations où le toucher, l’odorat, le goût, le regard, l’ouïe servent de tremplin à la relation.
La difficulté est de doser l’impact de la sensation, certains sont dans l’hypo, d’autres l’hyper réactivité à tel ou tel contact.
La dimension de pratyara éclaire l’importance de pouvoir calmer et affiner la relation avec les organes des sens. Une perception fine pleinement captée amène l’attention à un niveau de concentration, un pas encore et l’attention devient méditation. Donc en accédant aux sens, nous accédons à l’émotionnel et aux capacités cognitives.
Avec l’autisme, les sens sont aussi un moyen d’entrer en communication; ils dominent l’activité mentale. Trop souvent envahissant, le stimulus peut être apaisant, énervant, agressant ou envoutant.
Considérons la fragilité et nous comprendrons combien l’équilibre sensoriel est essentiel au bien-être de ces enfants.


ASANAS
Également le corps en mouvement, la myriade des postures, asanas, soutient l’évolution et la croissance. L’accent est mis sur la grande sensibilité du système nerveux et l’importance de placer l’enfant dans une atmosphère bienveillante, qui l’enrobe jusqu’à se sentir dans un espace protégé.
Le choix des postures reflète la complicité qui nous lie. Plus le lien est solide, plus l’exploration est illimitée. Nous savons que l’autiste imite peu, il ne se projette pas dans un corps extérieur pour copier la forme. La posture s’installe dans l’action, soutenue par une chanson ou un personnage (Spider Man, Batman, Pokémon…)
La proposition doit être simple et couler selon la disponibilité du moment. L’objectif est d’avoir du plaisir, de délier les noeuds accessibles et d’alléger le poids de la peur ou de l’intolérance, ou des attitudes compulsives. Eveiller les forces latentes qui sont mobilisées dans un exercice énergétique: asana.
Pour oser ce jeu corporel, nous avons un immense besoin de créativité. C’est à travers elle que le mouvement de la vie trouve son expression. Le jeune goûte au plaisir d’un temps de bien-être, d’un moment différent des autres, où l’attention est investie dans un corps-à-corps.
La collaboration du partenaire est agréable, son opposition possible. La forme de la posture n’est plus essentielle, c’est la fonction qui retient notre intérêt. Relativisez l’importance de l’exercice, il est un prétexte à l’oeuvre de l’intelligence en action! Sans ce détachement, la tâche devient complexe et la rébellion ne tardera pas.
L’ouverture, la fermeture, la rotation, la mobilisation segmentaire, l’extension, la latéralisation, la synchronicité, constituent des fondations solides à l’épanouissement d’un corps en croissance.


LA PRATIQUE, VUE D'ENSEMBLE
La ruse est yukti, elle nous éclaire souvent pour traverser des moments délicats, et garder le cap. Si l’enfant est hyper stimulé, il demande un rythme rapide afin de le rejoindre sans le perdre. Si son équilibre est instable, un gros ballon, une moyenne table ou une petite chaise facilitent le placement du dos. Tous les moyens sont possibles, choisis sur mesure en réponse à ce qui est vrai maintenant : pour Alex, plein de coussins, pour Jeremy, une grande couverture, pour Dani, une voiture, pour Yannune figurine, pour Arianne, le miroir…
Les phases dynamiques sont joyeuses, bouger avec entrain, loin de la routine. Elles varient, le mouvement se module et active le ressentir. L’accompagnement repose sur une force intuitive, une main légère ou profonde, un rythme marqué ou fluide, une voix chuchotée ou ferme. La durée se limite à la patience et tolérance du partenaire. Après ce temps, proche de la symbiose dans le feu de l’action, s’installe un temps de retrait - un espace de rien. Cette alternance rejoint les lois de l’univers qui navigue entre le plein et le vide.
Les phases statiques sont minimes. Elles viennent intensifier une extension ou approfondir une action spécifique. Leur acceptation sous-entend le confort corporel et la sécurité émotionnelle. Parfois, l’autisme fige le temps, il arrête le présent. La position assise redressée est un bon exemple d’une statique posturale. Durant cette situation, l’esprit est nourri: pointer une direction pour montrer, compter, sourire vers le miroir, jouer avec les doigts… La statique est suivie d’un espace de liberté, un moment d’exploration libre où chacun se dévoile. Certains autistes ne s’intéressent pas au monde qui les entoure, ils semblent figer et s’ennuyer. La posture statique est une belle porte d’entrée, accessible.
Quand le corps est placé, l’enfant accepte souvent le poids des mains qui accompagnent la respiration, apaisent une tension, ou donnent le mouvement.


LES QUALITÉS
Les qualités nécessaires pour ce type d’approche sont paradoxales, comme souvent dans le monde des humains. D’une part, légèreté et transparence vont accueillir le flot émotionnel, d’autre part fermeté et confiance forment une assise stable pour faire face aux tensions et intolérances.
Le yoga nous enseigne l’accompagnement empathique, la force de l’imaginaire, l’accueil positif et le respect du vivant. Il participe complètement à l’action thérapeutique. À nous de chercher les moyens justes et efficaces avec les enfants différents.


Marie Claire Dumont.
St Paul de Joliette, 1er mai 2007